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REFORME DU FRANC CFA ET NOUVEL ACCORD AVEC LA FRANCE Paris quitte les instances, mais pourra revenir en cas de «crise sévère»

Vendredi 22 Mai 2020

REFORME DU FRANC CFA ET NOUVEL ACCORD AVEC LA FRANCE Paris quitte les instances, mais pourra revenir en cas de «crise sévère»


C’est fait ! La France veut en finir avec le F Cfa, qui sera remplacé
par l’éco. Le gouvernement français a pris en ce sens, le 20 mai, un
projet de loi que son Parlement doit adopter en juillet et
septembre. Un projet de loi qui satisfait les deux grandes
revendications des détracteurs du F Cfa : la fin de la présence
française dans les instances et le dépôt obligatoire de 50% au moins
de réserves de change de la Bceao au trésor français. Toutefois,
deux aspects importants restent maintenus : le taux de change et la
convertibilité. Et Paris se réserve le droit de revenir dans les
instances en cas de crise grave. Mais les choses risquent de trainer
du côté des pays de la zone, dont aucun d’entre eux n’a adopté
l’accord signé depuis décembre dernier à Abidjan, sans compter les
entraves politiques (réticences de pays de la Cedeao à la
généralisation de l’éco) et techniques.

Un second acte posé dans la mise à mort du franc Cfa, qui va céder la
place à l’éco. Le Conseil des ministre français a paraphé un projet de
loi en ce sens, lequel doit être adopté par le Parlement entre juillet et
septembre. Un projet de loi visant à matérialiser l’accord de
coopération monétaire conclu avec les États membres de l’Union
monétaire ouest-africaine (Umoa) en décembre dernier à Abidjan.

Plus de représentant de la France dans les instances et la Bceao plus
obligée de déposer ses réserves au Trésor français

Ce projet de loi porte deux innovations majeures. La première est la
fin de la présence de la France dans les instances techniques de
gouvernance de la zone monétaire, où il avait des représentants,
même avec des voix non prépondérantes. D’ailleurs la France n’a pas
attendu cette loi pour appliquer cette mesure. Elle n’envoie plus de
représentants du Trésor et de la Banque de France dans les instances
monétaires de l’Umoa. La seconde innovation et pas des moindres
est que la Bceao ne sera plus contrainte de déposer au moins 50% de
ses réserves en devises sur des comptes d’opérations du Trésor
français.

La France pourra «intervenir»  en cas de «crise sévère»

Toutefois, selon l’accord d’Abidjan, même sans représentants dans
les instances de l’Union monétaire, la France continuera de veiller sur
la nouvelle monnaie. Ainsi, en cas de «crise sévère» (si le taux de
couverture de la monnaie descendait en-dessous de 20%, contre plus
de 70% en ce moment), l’accord prévoit que «la France pourra
désigner, à titre exceptionnel et pour la durée nécessaire à la gestion
de la crise, un représentant au comité de politique monétaire de la
Bceao».

La parité fixe et la garantie illimitée et inconditionnelle de
convertibilité maintenues

Alors que selon les explications du gouvernement français, Paris ne
sera plus qu’un «strict garant financier» de l’Uemoa, elle maintient
cependant deux aspects essentiels. Il s’agit du «régime de change,
avec un maintien de la parité fixe avec  l’euro» et de la «garantie
illimitée et inconditionnelle de convertibilité assurée par la France».

Ces éléments qui risquent de retarder le processus de mise en
œuvre de l’accord

Mais la volonté de la France d’aller vite dans cette réforme du franc
Cfa, qui passe à l’éco, pourrait être entravée par l’attitude des pays
de la zone. En effet, Paris devra faire avec les contingences politiques
et techniques qui se posent. Déjà, malgré la signature de l’accord
d’Abidjan depuis le 21 décembre, aucun des pays de la zone ne l’a
ratifié. Et ça risque de prendre du temps, si l’on sait que la question
de la généralisation de l’éco dans l’espace Cedeao pose toujours un
sérieux problème. L’autre élément qui risque de retarder le
processus est le fait que les comptes d’opérations du Trésor doivent
avant tout être remplacés par une convention de garantie, qui devra
permettre à la Bceao d’avoir la liberté de placer à sa guise les devises
déposées au Trésor français. Seulement, sur ce point, il y a des pays
qui ne sont pas du tout enchantés, car voulant continuer à profiter du
taux de rémunération de à 0,75% offert par la France, alors que sur
les marchés européens, les taux sont généralement négatifs.
D’ailleurs, ce taux a permis à la Bceao, en 2019, de gagner 40,4
millions d’euros pour 6,3 milliards d’euros déposés.


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